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lundi, décembre 5, 2022

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Dans la tête des black blocs

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« Délinquants », « fauteurs de troubles », « casseurs » : faut-il croire les chaînes d’infos quand elles déroulent leurs « vérités » sur les blacks blocs, ces « fantômes » qui enflamment les manifestations ? Surtout pas, prévient le journaliste Thierry Vincent, spécialiste des mouvements contestataires d’extrême gauche. Chez les Editions de l’Observatoire, il publie « Dans la tête des blacks blocs, vérités et idées reçues », une enquête passionnante qui démonte, pièce par pièce, les clichés et la mécanique perverse de la désinformation. Elle est le fruit de dix années d’immersion dans l’univers très fermé de l’ultra gauche. Rencontre avec un grand journaliste, grande gueule, piquant, urticant mais, surtout, pro.

Le Correspondant : Dans l’imaginaire collectif, l’image des blocs renvoie à ces hommes de noir vêtus, masques à gaz sur le nez, qui mettent le feu dans les manifestations. Votre livre torpille les idées reçues et les notions forgées. Qui sont les blacks blocs ?

Thierry Vincent : Justement, j’ai écrit ce livre pour dessiller les yeux sur un « mensonge médiatique » qui continue à faire accroire aux français que les blacks blocs sont des « casseurs infiltrés dans les manifestations ». Je le dis tout de suite : il n’y a aucune comparaison possible entre les blacks blocs et les casseurs. A part le mode de manifestation – qui est radical -, tout le reste les sépare. Ils ont des intérêts totalement divergents et il est même arrivé que des blacks blocs aient empêché des casseurs de piller des magasins.

Et d’ailleurs, même la police le dit : les casseurs sont des voyous et des délinquants, qui profitent des manifestations pour mettre à sac des magasins ou pour faire volatiliser les téléphones portables, tandis que les blacks blocs sont des militants politiques, qui ne s’attaquent qu’aux symboles du capitalisme – et ce qu’il considère comme tel :  des banques, des agences immobilières, les compagnies d’assurances, les fast-food… mais jamais aux cafés ou aux restaurants du coin.

Que l’on ne s’y trompe pas : les blocs ne sont pas non plus des « infiltrés dans les manifs », ils y sont accueillis par la foule et – parfois – ils exercent même une certaine fascinations sur un bon nombre de manifestants…

Ils commettent des actes délictueux quand-même …

Oui, ils cassent pendant les manifestations, mais ils ne cassent pas pour voler, ils ne détruisent pas les banques pour repartir avec le pactole, mais pour marquer, par des actes forts, une contestation sociale ou une revendication politique. Car ils pensent que la démocratie classique, libérale, représentative, avec des corps intermédiaires, comme les syndicats, ne marchent pas. Ces sont des révolutionnaires. Une version française des autonomes des années 70 ( un mouvement non organisé, qui refusait toute hiérarchie, plutôt communiste, et qui rejetait tout, syndicat et autorité, ndlr ). Ils sont dans le mythe fondateur de la guerre d’Espagne. Ils vouent également un énorme culte à la révolution antifasciste italienne sous Mussolini. D’ailleurs, un de leur slogan, c’est « siamo tutti antifascisti » (« Nous sommes tous antifascistes », ndlr).

Spécialiste des mouvements sociaux, le journaliste Thierry Vincent réalise des documentaires pour les principales chaînes de télévision et écrit régulièrement des articles pour les grands magazines de la presse française.

Le correspondant

Fnac
Serge
Fondateur et administrateur du média le Réveil Citoyen, ni droite ni gauche, un seul objectif : alimenter le débat libre dans la sphère publique autour des grands sujets mondiaux et locaux

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