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jeudi, juillet 7, 2022

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L'ouverture d'esprit n'est pas une fracture du crâne

Faire semblant qu’un danger n’existe pas, c’est le meilleur moyen de tomber dedans

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Il y a, dans ce nouvel été qui arrive -et qui en fait est déjà là-, la promesse d’un répit avant la tempête.

Une tempête parfaite.

En effet cela fait deux étés, depuis la crise du Covid-19, que les gens se lâchent : après le confinement de 2020, puis les restrictions et autres couvre-feux de 2021, chaque été est depuis l’occasion, pour des millions de Français, d’oublier leurs tracas dans une espèce d’orgie vacancière à base de farniente sur la plage, de locations RBNB à bon prix, et de fiestas sauvages, au mépris, bien sûr, de toute forme de respect du voisinage.

Alors oui, je sais, je parle comme un vieux c*n, mais il me semble –et je ne suis pas le seul- constater ce phénomène et son accentuation depuis le déclencheur de Mars 2020 : les gens savent.

Ils savent que plus rien ne sera jamais comme avant, mais ils font bien évidemment semblant de ne rien voir. Ils attendent toujours patiemment le retour du fameux « monde d’avant », alors qu’ils sont déjà dans le monde d’après, et qu’au fur et à mesure les mauvaises nouvelles, les dérèglements et autres ruptures majeures surviennent, les éloignant inexorablement à chaque fois un peu plus de ce monde perdu…

Un monde qui ne reviendra jamais.

Et la tension qui résulte de cette dissonance, au fur et à mesure que les choses se dérèglent de plus en plus dans ce merveilleux monde mondialisé, ne trouve sa résolution, chaque année, ni dans la politique, ni dans le compromis, ni dans la joie…juste dans une espèce de « lâchage » incontrôlé, été après été, avant de repartir en septembre, tête et épaules basses, yeux fermés, comme un bœuf sous le joug du fermier.

L’été qui vient n’échappera pas à cette étrange règle.

Mais il se pourrait bien que ce soit le dernier, avant que chacun ne soit forcé d’ouvrir les yeux pour de bon.

L’été de tous les dangers

Déjà, il est sûr et certain que l’été qui vient ne sera pas tout à fait comme les autres, ne serait-ce qu’à cause de la sécheresse majeure que notre pays traverse depuis plusieurs mois, alors que l’été n’a pas encore débuté.

Je ne parle pas des canicules et autres vagues de chaleur, car elles débutent à peine et pourraient être sujettes à caution –le mois de Juin étant toujours très chaud globalement-, mais bien de l’état des sols et des réserves d’eau.

Qu’on soit convaincu du réchauffement climatique global ou pas, il est un constat sans appel : ça va mal, très mal du côté de la flotte, et ça s’aggrave chaque jour un peu plus, alors que l’été n’est même pas encore démarré.

Déjà au printemps, durant 38 jours consécutifs, les températures ont été au-dessus des normales saisonnières.

Le déficit pluviométrique dans notre pays est entre 20 et 30% de moyenne, avec des départements en situation catastrophique. Ainsi le Var, avec le village de Seillans (2700 habitants), par exemple, obligé de ravitailler 400 foyers par de nombreux camions-citerne quotidiennement, la nappe phréatique alimentant ce village isolé étant complètement asséchée, alors qu’elle était utilisée depuis des siècles sans problème.

Les autorités sont « très préoccupées » et ne s’en cachent pas : au 14 juin 2022, 36 départements sont déjà concernés par un arrêté préfectoral limitant l’usage de l’eau, et ce nombre ne fera que grossir, alors que plus une goutte de pluie ne tombe depuis des mois, et que Météo France prévoit un été chaud et sec. Au 15 mai, l’indice d’humidité des sols a ainsi atteint une valeur habituelle pour une fin de mois de… juillet.

Le mois de Mai a ainsi été le plus chaud jamais enregistré et cette crise de l’eau ne peut donc que s’aggraver : rappelons que la France est la première destination touristique au monde, et que les millions de personnes que nous accueillons à bras ouverts chaque été se fichent comme d’une guigne, en très grande majorité, des usages de l’eau dans le pays qui les accueille. Ce sont des centaines de milliers de piscines, et des dizaines de millions de douches quotidiennes supplémentaires, qui taperont dans des réserves historiquement basses. L’état ne pourra rien contrôler de tout cela, la preuve : les compagnies privées gérant les concessions d’eau viennent d’appeler les Français « à la sobriété », histoire d’éviter les pénuries, voire les arrêts d’approvisionnement purs et simples, ce qui serait une véritable catastrophe, dans un pays qui aborde l’été avec des services d’urgences hospitalières en plein effondrement.

Rappelons qu’un être humain normal ne peut pas survivre plus de 3 jours sans boire, et que la canicule de 2003 avait causé des ravages chez les personnes âgées : 19 000 morts supplémentaires en France, 70 000 en Europe, en deux petites semaines…

Climat social comme pouvoir d’achat : en berne

Il n’y a pas que les températures qui sont préoccupantes : le climat social est bien étrange.
Alors que la mobilisation des gilets jaunes avait débuté à cause d’un prix de l’essence moyen à 1,48 euro le litre, nous assistons aujourd’hui à une hausse bien plus importante, avec un litre dépassant allègrement les 2 euros, et…rien. Rappelons que les plus impactés par cette flambée des prix des carburants sont les foyers les plus pauvres : le carburant y pèse pour 10% du budget mensuel, contre 3% du budget pour les foyers les plus aisés.

Agora Vox

Serge
Fondateur et administrateur du média le Réveil Citoyen, ni droite ni gauche, un seul objectif : alimenter le débat libre dans la sphère publique autour des grands sujets mondiaux et locaux

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