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jeudi, juin 17, 2021

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100% des groupes du CAC40 touchent des aides publiques massives liées à la pandémie de COVID19

Très heureux de vous présenter le nouveau rapport AlloBercy « Pas d’aides publiques aux grandes entreprises sans conditions » qui est publié ce mercredi 26 mai par l’observatoire des Obs Multinationales.

Avec (très) peu de moyens, mais beaucoup d’énergie et de détermination, nous avons compulsé (enfin, surtout Olivier Petitjean & Vermeylen Margot) tous les documents officiels des membres du CAC40 … mais aussi la presse locale et spécialisée pour produire ces données.

Allons dans le détail :

1⃣Le plus important : 100% des groupes du CAC40 touchent des aides publiques massives liées à la pandémie de COVID19 (chômage partiel, aides à la trésorerie, PGE, plan de relance, soutien de la BCE, etc)
Oui, 100 %

2⃣Dans le même temps, le CAC40 verse 51 milliards aux actionnaires (+22%), alors que les profits s’effondrent de 55% : de manière agrégée, le CAC40 pioche dans sa trésorerie pour verser l’équivalent de 140% des profits.

3⃣Qui en profite ? black rock en 1er lieu (et autres gestionnaires d’actifs), ainsi que les grandes familles capitalistes françaises
L’Etat actionnaire aussi qui cautionne ainsi la préférence du CAC40 pour la rémunération du capital au détriment de l’investissement.

4⃣27 des 40 groupes du CAC40 ont fait appel au Chômage partiel et à l’argent public pour prendre en charge la rémunération de leurs salariés.

Résultat : 80% d’entre eux versent des dividendes à leurs actionnaires et Elisabeth Borne ne semble pas s’en soucier.

5⃣Au printemps 2020, à la demande de Afep, plusieurs PDG avaient promis de réduire leur rémunération de 25% en solidarité avec les salariés au chômage partiel.
Dans les faits, on est à 8% de baisse en moyenne, une baisse ouvrant souvent droit à défiscalisation.

Mieux 7 PDG de groupes du CAC40, dont plusieurs sont aidés massivement par les pouvoirs publics, ont augmenté leur rémunération en 2020, comme FH Pinault qui a caché une partie de sa rémunération, ou Arthur Sadoun de publicis groupe malgré les promesses.

Bruno LeMaire & Agnes Runacher avaient demandé aux PDG des groupes utilisant le Chômage partiel de baisser leur rémunération de 25% : les PDG de ENGIE group SAFRAN vivendi Teleperformance France Atos Carrefour Publicis Groupe Saint Gobain n’ont pas respecté cette demande.

Résultat, les inégalités continuent de s’accroître : il faut désormais 4 ans et presque 8 mois à un salarié moyen de Téléperformance France pour gagner autant que le PDG en une seule journée. Champion de l’inégalité avec Kering (deux ans et neuf mois)

Les aides publiques COVID19 aux grands groupes du CAC40 permettent-elles de protéger l’emploi ?

Le CAC40 veut supprimer 62 500 emplois dans le monde, 30 000 en France : les actionnaires vont recevoir l’équivalent de 815 000 € par emploi supprimé.

Ce sont les groupes les plus soutenus (Renault Airbus SAFRAN) qui suppriment le plus d’emplois.

Auxquels s’ajoutent les suppressions d’emplois pour convenance boursière : Orange Michelin Danone Sanofi qui versent de généreux dividendes.

Cette propension à supprimer des emplois alors que les groupes sont soutenus par les pouvoirs publics s’étend hors du CAC40 : 7 des 10 plus gros bénéficiaires de PGE (prêts garantis par l’Etat) suppriment des emplois dont Renault & AirFrance !

7⃣Le clou du spectacle ? Le CAC40 s’est démené pour empêcher que les aides publiques soient conditionnées à des objectifs sociaux, fiscaux ou écologiques : 20 millions € de lobbying pour obtenir des aides non conditionnées.

(le6⃣c’était l’emploi)

En parallèle, 100% des groupes du CAC40 se sont opposés, directement ou indirectement, aux propositions portées par la Convention Citoyenne pour le climat pour défendre leurs intérêts et continuer à polluer.

8⃣Résultats : le CAC40 et l’économie française ne sont pas prêts de changer. Le CAC40 pris dans son ensemble n’a pas véritablement prix le virage en faveur du climat, maintenant des émissions de gaz à effet de serre à très haut niveau.

Le CAC40 reste aussi un grand adepte des filiales domiciliées dans les Paradis Fiscaux : le gouvernement aurait pu conditionner l’octroi d’aides publiques au fait de fermer ces filiales visant à l’optimisation fiscale et réglementaire. Il ne l’a pas fait.

9⃣En plus de ne pas conditionner les aides publiques au secteur privé, l’Etat actionnaire légitime par son action cette préférence à court-terme pour la rémunération des actionnaires en tirant un maximum de cash des groupes dont il est actionnaire, plutôt qu’investir.

1⃣0⃣Pour conclure (provisoirement)
Quand l’Etat débloque 155 milliards d’aides publiques au secteur privé, sans condition stricte, il ne faut pas s’attendre à voir émerger « le monde d’après ».

Emmanuel Macron encourage ainsi les pires pratiques du monde d’avant.

« Derrière ces milliards €, se cache le détournement sans condition des ressources de l’Etat au profit des intérêts privés du CAC40 et au détriment de l’intérêt général » écrivions-nous dans une tribune à le monde .

On persiste et signe.

Si vous voulez que le travail AlloBercy se poursuive (nouvelles enquêtes, Plan de relance européen, site dédié, nouvelles initiatives etc.), comme nous n’avons pas les milliards € du CAC40, nous avons besoin de votre soutien

❤️MERCI❤️
(faites tourner) Maxime Combes

https://www.kisskissbankbank.com/fr/projects/allo-bercy/

Serge
Fondateur et administrateur du média le Réveil Citoyen, ni droite ni gauche, un seul objectif : alimenter le débat libre dans la sphère publique autour des grands sujets mondiaux et locaux

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