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jeudi, juin 17, 2021

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Agressée pour avoir dénoncé du détournement de fonds publics, Françoise Nicolas témoigne ..

Voici mon histoire :

fonctionnaire du Quai d’Orsay, j’arrive au Bénin pour m’occuper des bourses d’études, des missions et des invitations de l’ambassade. Au début, tout va bien.

En 2009, je réalise des anomalies dans les financements. Et soupçonne des détournements de fonds publics de grande ampleur.

Soudainement, on donne la quasi-totalité de mon travail à une des secrétaires du service, une citoyenne béninoise.

Obligée de signaler toute suspicion de délit, je signale à l’ambassade les dysfonctionnements que je constate : des financements sont octroyés sur la base de dossiers vides.

Et pourtant, ça ne pose aucun problème.

Je ne reçois pas de réponse. Je décide de prévenir Paris.

Avant cet épisode, j’étais très bien notée par mes supérieurs hiérarchiques.
En 2008, la DRH à Paris relayait leurs éloges auprès de l’ambassadeur…

Quatre mois passent. J’essaie de comprendre. Je pose des questions… Quand je reviens de vacances, l’ambiance change. De difficile, elle devient hostile.

Sûrement naïve, je ne comprends pas pourquoi.

Le 14 janvier 2010, ma vie bascule. La collègue béninoise que je pense impliquée dans le scandale de corruption se jette sur moi dans le bureau, me pousse contre des étagères et m’étrangle.

J’essaie de crier en vain.

Je me sens mourir, pense à ma fille. Un agent de nettoyage qui passait par là intervient et me sauve la vie.

Quand je reprends connaissance, l’ambassadeur est devant moi. Il me dit “Encore madame Nicolas qui fait des siennes !”

Il y a bien eu “tentative de meurtre” car sans l’intervention d’un tiers, je mourrais sous l’effet de la strangulation.

Mon avocat le démontre dans ma plainte pénale de 2015.

En 2016, le TGI de Nantes retient la qualification de tentative de meurtre. L’article de Libération, qui n’en fait pas état, laissant penser que j’accuse sans preuve.

C’est faux.

L’ambassadeur tente de me blâmer pour l’agression, malgré l’évidence.

Il est soutenu par la DRH du ministère des Affaires étrangères. Une certaine Nathalie Loiseau, qui tente de me désigner comme étant l’agresseur.

Un cortège de voitures de l’ambassade débarque devant chez moi. Quelqu’un remplit une valise pour moi à la hâte. On m’expulse du jour au lendemain. Je dois partir en abandonnant ma maison, mon mobilier, tout ce que je possède.

Contrairement à ce qu’écrit Libération , c’est un rapatriement “disciplinaire”. Pourtant, la commission de discipline ne se réunit pas. Je ne reçois aucune indemnisation pour mes pertes matérielles.

Mon sauveur, “Emmanuel”, seul témoin oculaire de l’agression, est licencié.

Suite à l’agression, je suis hospitalisée à Rennes, puis 6 semaines à Nantes. Je souffre d’un syndrôme post-traumatique aigu. Mais aussi de complications graves. Je dois réapprendre à marcher, à écrire.

Le Quai d’Orsay déclare à Libé que je n’ai eu que des égratignures. Libération l’écrit malgré les documents fournis. Je le regrette.

En 2010, je saisis des collaborateurs immédiats de Nathalie Loiseau. Cédric Prieto puis
Emmanuel Cohet, sous-directeur des personnels, qui me reçoit en février.

dernière PJ sur Emmanuel Cohet.

Nathalie Loiseau déclare que l’agression, dans les locaux d’une ambassade, n’est jamais remontée jusqu’à elle. Que ses adjoints ne lui en ont jamais parlé. Soit elle ment, soit elle est profondément incompétente.

Comme tt fonctionnaire blessé et agressé ds le cadre de ses fonctions, le ministère des Affaires étrangères me doit protection (payer mes frais d’avocat) et réparation.

Cela s’appelle la protection fonctionnelle. Je la demande en 2013 via un courrier au ministre, Laurent Fabius

Alors que la protection fonctionnelle est un droit, accordé quasiment automatiquement, je ne reçois aucune réponse. Mon avocat la demande plus officiellement. Silence.

Je saisi le tribunal administratif de Nantes. En 2016, ce tribunal rejette ma demande de protection fonctionnelle “au titre de la raison d’Etat”. En bref, je dérange la politique française en Afrique.

En 2010 je porte plainte au Bénin. En 2011, je porte plainte en France. La plainte suppose une enquête, notamment l’audition de l’agent d’entretien, seul témoin.

Il ne se passe rien.Pourtant, son nom figure sûrement dans les archives du personnel de l’ambassade.

J’alerte Elisabeth Badinter, qui écrit au procureur de la République. Ma plainte est aussitôt classée sans suite.

Le Quai refuse de communiquer à la justice le nom de mon sauveur pour que je puisse prouver mon innocence Les tribunaux citent la raison d’Etat pour me débouter.

2012: le tribunal administratif de Paris valide ma mutation d’office du Bénin en France au motif du « maintien des bonnes relations diplomatiques entre la France et le Bénin ».

2016: le tribunal administratif de Nantes me refuse la protection fonctionnelle pour la même raison.

Je fais appel. En 2018, la Cour administrative d’appel de Nantes annule ce jugement. Le ministère des Affaires étrangères continue à refuser d’appliquer la loi.

Ma demande de protection fonctionnelle sera jugée en 2020.

A mon avis pour me punir de refuser de laisser tomber l’affaire, je suis placardisée à Nantes au bout d’un couloir de 2010 à 2015, avec un travail qui m’occupe 15 minutes par mois.

En 2015, mon dernier évaluateur déplore clairement cette placardisation imposée par la DRH du ministère des Affaires étrangères depuis 2010.

Entre 2011 et 2015, je demande 76 fois à la DRH de me donner un vrai travail. Une DRH dirigée par Nathalie Loiseau jusqu’en 2012.

J’essuie 76 refus.

En 2016, je saisis Jacques Toubon, le Défenseur des droits.

En 2018, Toubon me répond que “J’AURAIS” signalé des dysfonctionnement et que “une très violente altercation AURAIT eu lieu”…

Il n’est pas clair pour me qualifier de lanceuse d’alerte (“sans nier la réalité des faits que vous décrivez”) mais considère que je n’ai “jamais subi de représailles”.

2016 – 2017: trois expertises psychiatriques demandées par le ministère estiment que je suis “brillante intellectuellement”.

Et que le problème vient du déni de l’agression par le ministère, du harcèlement moral que je subis.

2017: le ministère des Affaires étrangères va chercher à Paris un quatrième expert qui, sur la base d’un échange banal de 10 minutes, me déclare invalide à tout travail et préconise ma mise à la retraite.

Je conteste la décision. Deux fois, je demande une contre-expertise au ministère.

Deux fois, elle est refusée.

En 2018, je suis mise à la retraite d’office.

Aujourd’hui, je touche 850 euros de retraite. Insuffisant pour payer mon crédit immobilier.

Libération reste à mon avis assez vague sur la responsabilité de Nathalie Loiseau. Elle était pourtant DRH du ministère des Affaires étrangères (2009-2011) puis directrice générale de l’administration (2011-2012)

A ce titre, elle a été destinataire de 10 démarches judiciaires de la part de mes avocats, et 2 démarches amiables.

En 2013, un homme, un seul, osera mettre la DRH devant ses responsabilités.
Son courrier restera sans suite.

Son nom: Emmanuel Cocher.

En 2017, l’ambassadeur, Hervé Besancenot, et son adjoint, Laurent Souquière, que j’accuse également m’intentent un procès en diffamation en me traitant de “conspirationniste”.

Ils sont déboutés. Je regrette également que Libération n’ait pas abordé ce point.

Nathalie Loiseau n’assume pas ses responsabilités. Elle a étouffé mes signalements de détournements de fonds publics et une tentative de meurtre.

Elle, et les autres complices de ce système, doivent assumer leurs responsabilités.

Le média d’investigation Médiacités a publié deux articles très bien résumés sur mon histoire. Encore une fois, je regrette que Libération n’en ait pas fait autant.

Je suis à la disposition des autres rédactions, et de Libération pour rectifier.

Serge
Fondateur et administrateur du média le Réveil Citoyen, ni droite ni gauche, un seul objectif : alimenter le débat libre dans la sphère publique autour des grands sujets mondiaux et locaux

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