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mercredi, juin 16, 2021

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Denis Robert répond aux accusation de Maxime Renahy, média Blast

Maxime Renahy, « co-fondateur » de Blast, claque la porte du nouveau média. Il met en cause Denis Robert et Élise Van Beneden, deux piliers de la jeune entreprise, accusés d’avoir voulu faire entrer au capital un financier soutien d’Arnaud Montebourg. (article sur les accusations de Maxime Renahy)

La réponse de Denis Robert :

Orchestration d’une entreprise de démolition malsaine et diffamatoire, manipulations, espionnage d’une équipe à son insu. Tous les ingrédients étaient réunis pour nuire à la campagne lancée par Blast. Sauf que rien ne résiste aux faits et à l’analyse calme et posée. Je réponds ici aux accusations qui trainent depuis hier sur les réseaux.

Bonjour à tous,

Les réseaux sociaux vivent à un rythme qui n’est pas celui de la vérité, ni de la justice. L’entreprise que je construis avec mes amis, Blast, et moi-même, sommes, depuis hier, durement et injustement attaqués par un communiqué publié par un ancien salarié.

D’abord une remarque liminaire : la violence et l’étrangeté de certaines attaques portées par Maxime Renahy, mais aussi par quelques-uns de ses supporters, ne sont pas sans liens avec le succès de la campagne de financement de ce projet de média libre et indépendant. Nous payons ici la rançon du travail réalisé depuis bientôt six mois. La campagne s’achève dans cinq jours. Nous avons de nombreux ennemis. Nous avons surtout de nombreux amis.

Si je réponds aujourd’hui posément à chacune des accusations portées contre moi, je le fais pour ces amis, en me disant que ceux qui me détestent ou crèvent de voir l’engouement que suscite Blast trouveront toujours des raisons de ne pas me croire.

Chacun de mes propos est et sera appuyé par des documents et des témoignages. Et je vais déposer à la suite de ce communiqué, avec mon avocat, une plainte en diffamation. Je ne pensais pas en arriver à cette extrémité, mais on ne me laisse guère le choix, tant les amalgames et les propos ou intentions qu’on me prête, les raccourcis qui sont faits, sont infondés et outranciers, uniquement destinés à porter atteinte à mon honneur et à celui de Blast.

On ne peut pas tout dire et tout sous-entendre, sous prétexte qu’on est vertueux et incorruptible.

Je vais, dans un premier temps, répondre aux accusations les plus graves, puis j’entrerai dans certains détails.

J’ai entamé cette réflexion et ce travail sur la création de Blast au lendemain de mon éviction du Média, où j’ai été licencié sans préavis, ni indemnité, le 15 septembre dernier. Une procédure prudhommale est en cours. Depuis le 1er novembre, je suis inscrit à Pôle Emploi. J’y suis toujours au moment où je vous écris.

Je ne perçois aucun salaire à Blast et il est prévu que mon embauche se fasse le 1er avril prochain.

Maxime, pour justifier sa démission, évoque un problème de liberté. Il n’aurait pas été suffisamment libre d’exercer son travail de journaliste. Et de financement. Nous aurions un financement trouble.

Concernant cette atteinte à sa liberté, l’argument est risible et facilement démontable non par moi mais par toute l’équipe. Maxime le sait bien. Il était parfaitement libre d’écrire sur n’importe quel sujet à condition :
1) D’écrire ;
2) de ne pas être diffamatoire et de faire un travail sérieux et documenté.
Ces deux conditions n’ont pas été respectées. Mais malgré cela, nous étions et j’étais prêts à l’aider et nous ne voulions pas nous séparer de lui. Je pensais que Maxime pourrait apprendre et nous apporter des dossiers et des affaires liés à son réseau.

Sur les prétendus problèmes de financement, nous entrons dans un domaine marécageux où Maxime, contrairement à toutes règles déontologiques, a décidé d’enfreindre les barrières de confiance et de confidentialité qu’un journaliste qui se respecte doit porter. Les accusations qu’il porte contre moi et incidemment contre Anticor sont d’une gravité extrême et participent d’un tintamarre politique. Ce bruit et cette campagne visent avant tout à discréditer l’association anticorruption et sa présidente Elise Van Bedenen qui est également membre fondatrice de Blast et avec qui Maxime, prix Anticor éthique lui-même, entretenait des relations amicales. C’est d’autant plus grave que Maxime aurait affirmé à des journalistes détenir des enregistrements de nos échanges privés.

Donc, revenons aux accusations portées par Maxime. Nous serions financés par un milliardaire dont il divulgue le nom et donne le numéro de téléphone aux journalistes. J’aurais accepté que ce dernier supervise le pôle enquête et commande des papiers contre des ennemis politiques. Il soutiendrait un des candidats à la présidentielle, Arnaud Montebourg. Et nous roulerions donc pour celui-ci, ainsi qu’Anticor. Ce milliardaire nous aurait promis 340 000 euros de financement. Voilà le tableau dressé par Maxime. Comme toujours dans ce genre de scénario, certains éléments sont vrais mais tout est faux. La construction forcenée que tente Maxime est fausse et profondément diffamatoire. Elle me porte et porte à Elise Van Bedenen un préjudice grave. Nous n’avions vraiment pas besoin de ce sale coup en ce moment. ? Car c’est un coup d’une bassesse inouïe.

Je ne connaissais pas Elise avant un entretien réalisé avec elle fin juillet 2020 pour le Média. Je voulais mettre en valeur le travail réalisé par Anticor et la générosité de sa présidente. Elise est par ailleurs une avocate spécialiste des prudhommes et quand j’ai eu mes soucis avec le média, je lui ai demandé de me défendre. Nous avons donc travaillé ensemble et assez naturellement -aujourd’hui à la vue des problèmes d’habilitation de l’association, c’était sans doute une erreur- Elise s’est proposé de nous aider bénévolement.

A part Maxime Renahy, qui s’épanche sur mon hypothétique salaire à 14000 euros, nous étions et nous sommes encore tous bénévoles. J’aimerais que chacun garde en mémoire ce fait.

Lors d’une conversation qui remonte au début du mois de novembre 2020, Elise m’apprend qu’un des donateurs d’Anticor, un homme d’affaires ayant fait fortune en vendant des brevets à Microsoft, aimerait aider davantage les associations et les médias « luttant contre la corruption ». Elle ajoute que cet homme, qui fait un don de 5000 euros par mois à Anticor depuis le 1er janvier 2020 aimerait donner davantage, mais qu’Anticor ne peut accepter pareille somme. Par contre, elle m’invite à le rencontrer. Cette rencontre tombe à point car nous sommes en pleine construction de Blast. Et la coopérative que nous sommes en train de créer aura un collège de mécènes (à mon initiative). Les mécènes n’ont pas de pouvoir décisif. Ils sont membres d’un collège qui représente 10 % des parts sociales totales de Blast et n’ont qu’une voix au sein de ce collège, quel que soit leur nombre de parts. Je reviendrai par ailleurs sur la forme coopérative de Blast et l’absence d’influence exerçable par un mécène. Les documents sont consultables sur le site de la campagne kisskiss pour ceux qui voudraient vérifier.

Je rencontre ce donateur quelques jours plus tard. Nous buvons un verre. Il m’explique sa vision de ce qu’il estime des dérives graves de cet Etat macronien. Il connaît mon travail sur Clearstream et se propose d’aider Blast. Il aimerait financer un pool de journalistes et pourvoir à nos frais de justice. Je lui dis que cela demande réflexion. Et nous nous parlons au téléphone, avant que je provoque une réunion qui aura lieu dans ses bureaux à Paris, le 3 décembre, lors d’un déjeuner auquel participe Maxime et une autre fondatrice de Blast, ainsi qu’Elise qui ne participe pas au déjeuner. Elle fait les présentations et vaque à ses occupations. S’ensuit une discussion à bâtons rompus où chacun exprime son avis et ses projets. Maxime y participe comme nous tous. La discussion est plutôt chaleureuse. Le donateur évoque des sujets d’enquête qu’il aimerait voir traiter. Il est pour moi à cet instant autant un mécène potentiel qu’un informateur car il livre des informations qui méritent d’être suivies et vérifiés. Il évoque effectivement, lors de cet entretien, son amitié pour Arnaud Montebourg. Il nous explique aussi qu’il a des sociétés dans différents pays dont Singapour, Israël, aux États Unis ou à Luxembourg.

Xavier Niel a aussi des sociétés à Luxembourg et il a aidé Médiapart. Cette aide a permis à Médiapart de grandir et de très vite s’émanciper. Ça a sans doute été une erreur de ma part, mais je n’y ai pas vu la marque d’un empêchement rédhibitoire, même si j’étais conscient de la difficulté qui pourrait se poser.

Ce dernier aurait pu investir son argent partout, acheter un yacht ou des voitures de luxe, personne n’aurait rien eu à y redire. Il se trouve que cet homme a fait fortune en vendant des brevets, qu’il investit dans l’immobilier, une petite chaîne de télévision dans le sud de la France ou la sécurité informatique et qu’aujourd’hui il veut lutter contre la corruption. Nous avons eu une première discussion avec Maxime où ce dernier nous a dit son enthousiasme à travailler avec ce mécène qu’il trouvait sympathique. Maxime a même évoqué la possibilité pour lui de travailler, avec des amis chercheurs, dans un programme financé par le milliardaire à une cartographie de la corruption. Nous avons alors convenu que Maxime le reverrait seul et Maxime s’est proposé de vérifier certains des dires. L’homme d’affaires lui avait parlé en toute confiance et n’avait à aucun moment caché le nom de sociétés qu’il possédait à Luxembourg ou à Singapour.

Deux semaines plus tard, nous nous sommes réunis à douze lors d’une visioconférence. Maxime a fait part des informations qu’il détenait et des problèmes pour le lancement de Blast que pouvaient générer les dons de ce mécène. J’y ai défendu mon point de vue qui était d’accepter un don sans aucune contrepartie. Et de rendre ce don public. Je n’avais aucun problème, conscient d’avoir à faire vivre un média, à user de mécénat. Je suis même allé plus loin. Si ce mécène avait voulu prendre des parts sociales, ça ne me posait personnellement pas de problème. Le fonctionnement de Blast fait que le sociétaire qui possède une part ou mille parts a autant de pouvoir. Cela peut sembler compliqué à comprendre, mais c’est ainsi que fonctionne une SCIC.

Nous avons créé une coopérative sans but lucratif. Aucun dividende n’est versé aux sociétaires, tout ce que nous gagnons sert à payer nos programmes, nos salaires et à nous développer. Ça aussi, retenez le. Et vérifiez le. Les statuts sont accessibles sur notre page KissKissBankBank depuis le début de la campagne.

Il y a eu débat entre nous et j’ai été mis largement en minorité. C’est le jeu de la démocratie, c’est le choix que nous avons fait en créant une société coopérative d’intérêt collectif. J’entendais l’argument de mes collègues qui entendaient les miens. C’était une discussion franche qui pose toutes les questions de l’indépendance des médias. Je ne voyais pas et je ne vois toujours pas le problème d’indépendance posés. Le fait par exemple que cet homme d’affaire soutienne Montebourg ne nous aurait à aucun moment empêché d’enquêter sur Montebourg. Mais passons, j’ai été mis en minorité. Je l’ai accepté et Maxime Renahy a appelé le mécène pour lui dire que nous refusions ses dons et que nous lui refusions de prendre des parts sociales dans Blast et de devenir sociétaire. Je l’ai ensuite eu au téléphone, il était furieux de cette situation et avait quelques difficultés à nous comprendre. Dans le feu de la discussion, cela devenait un peu surréaliste surtout quand il m’a dit, mais enfin si je veux vous aider, qui peut m’en empêcher ? Je lui ai répondu personne s’il participait à la campagne de crowfunding que nous allions lancer. C’est ce qu’il a fait en nous faisant deux dons de dix mille euros. En tout et pour tout. La campagne se termine dans quelques jours, et contrairement à ce que dit Maxime, il n’y a pas eu d’autres dons que ceux-là. Et Maxime, malgré mes demandes, n’a encore apporté aucun élément montrant une fraude fiscale de la part de ce mécène.

On était alors en décembre 2020 et la campagne de financement n’avait pas commencé. Nos caisses étaient vides. Nous avons donc ces jours-là discuté ensemble de l’opportunité de prendre ou pas 300 000 euros pour lancer notre webtv. Et nous avons dit non. C’est donc bien normal de discuter avant de refuser cette somme. Ce refus d’ailleurs est loin d’être ordinaire. Peu de média aurait refusé une telle somme. Et citez-moi un média en France qui ne vit pas ou n’a pas vécu grâce à l’argent de mécènes ou de riches propriétaires ?

Blast est aujourd’hui un de ceux-là.

Si je veux être complet, je dois ajouter que nous avons eu un désaccord de fond avec Maxime quand celui-ci a évoqué le fait qu’il allait se servir des propos que nous avions eu dans notre échange avec cet homme d’affaires pour enquêter sur lui. Je lui ai dit que ce n’était ni moral, ni déontologique. Il avait eu accès à lui, grâce à Elise Van Beneden et à moi. Et que déontologiquement, ce serait une traîtrise que d’utiliser des infos livrées en toute confiance par le milliardaire. Maxime en a convenu et nous en sommes restés là.

Il a été tenu informé du don de deux fois 10 000 euros à la campagne. Ils étaient visibles par tous les contributeurs puisque ils n’ont pas été anonyme. Il a admis devant le groupe que cela ne lui posait pas de problème. Et trois mois plus tard, après avoir âprement négocié son contrat de travail qu’il n’a jamais signé, refusé d’exécuter son préavis suite à sa démission, touché son salaire, son treizième mois, suite au paiement des 3277, 22 € Brut de son solde de tout compte, Maxime nous sort son communiqué.

Je sais que je suis long mais convenez que je suis obligé d’entrer dans ces détails-là.

Je vais être plus bref sur les autres accusations.

Nous avons un budget prévisionnel à Blast où je perçois effectivement le plus gros salaire. Ce dernier est conventionné et il inclut une prime d’ancienneté conformément à la convention des Journalistes. Je percevrais fin avril et chaque mois suivants 6600 euros brut, soit 4700 euros net. Il n’est pas prévu que je sois augmenté et je ne souhaite pas l’être. La grille des salaires a été communiquée à tous les fondateurs de Blast. C’est transparent. Depuis que j’ai lancé Blast, je n’écris plus et ne réalise plus de films. J’ai perdu en pouvoir d’achat. Mais je ne me plains pas. J’aurai pu gagner beaucoup ailleurs. L’argent n’est pas et n’a jamais été mon moteur ici. Je ne crée pas Blast pour m’enrichir. Mon salaire est moindre que celui que je percevais au Média puisque j’étais embauché sur 4 jours (j’en faisais beaucoup plus et n’ai jamais compté). Là, pour le même salaire, je serai à temps complet.

Cette histoire qui traine sur les réseaux avec photocopie de statuts qui montrerait une échelle de 1 sur 7 ou de 1 sur 10 est une manipulation totale. Nos statuts sont rédigés sur la base des critères imposés par la SCIC et pour répondre aux contraintes d’une entreprise de presse solidaire. Petit secret de fabrication, nous avons repris pour Blast les statuts de nos amis « des Jours ». Ce sont des statuts standardisés de coopérative. Arrêt sur Images par exemple, qui se plait à relayer cette information totalement creuse, est une SAS, avec un associé unique, Daniel Schneidermann, qui est aussi le président. Personne ne lui pose de question sur son salaire parce qu’il n’y a aucun encadrement des salaires dans ses statuts! Il fait ce qu’il veut, c’est lui qui décide de tout. Il se reverse les dividendes qu’il veut. Cela ne gêne personne. Cela ne l’empêche pas de faire -et de bien faire- son travail. Nous nous avons un encadrement de salaire et en plus, en pratique nous sommes bien en deça, puisque le plus bas salaire est de 2500€ brut/mensuel et le plus haut de 6600€/brut mensuel, donc un rapport inférieur à 3.

Vous dire aussi que nos comptes sont et seront transparents, que personne ne peut s’augmenter sans que cela se sache et se décide collectivement.

Vous dire et insister là-dessus aussi, contrairement aux allusions insupportables et fausses véhiculées par Maxime Renahy, que l’idée ne m’a jamais traversé l’esprit de me payer 14500 euros. Où va-t-il chercher cette bêtise ? Et que par ailleurs, nous ne nous versons aucun dividende. Tout ce que nous gagnons, vos dons, vos abonnements, sont entièrement réinvestis dans l’outil de travail, sans aucune possibilité de tricher. Nos comptes sont publics et seront publiés.

Maintenant que j’ai répondu sur les accusations, entrons un peu dans certains détails.

Le seul membre fondateur à avoir exigé d’être salarié « pour commencer à travailler » est Maxime Renahy. Même si cette injonction a créé un certain malaise chez les autres membres fondateurs qui travaillaient bénévolement depuis des mois à la création de leur futur outil de travail, nous avons tous accepté et accédé à sa demande. Au premier Mars 2021, Blast a embauché deux salariés, le directeur de Production et un monteur.

J’ai rencontré Maxime Renahy en 2019, après l’avoir invité à une émission. Nous y avons évoqué son livre, où il relatait son activité de « traitre » au service de la DGSE. Le mot était assumé par lui. A Jersey, comme à Luxembourg, il a gagné la confiance de certaines femmes avec qui il entretenait des relations amoureuses et de certains de ses amis et collègues pour ensuite les dénoncer dans un livre édité par une de mes amies. Le livre était étonnant et Maxime semblait habité par une soif de justice et d’équité. Avoir été confronté, comme je l’avais été, à la violence des milieux financiers a créé entre nous des liens, à mes yeux, amicaux. J’ai travaillé avec lui sur plusieurs dossiers au Média, lui ai appris comme j’ai pu quelques rudiments du métier de journaliste. Ce que Maxime n’avait jamais été. J’ai été beaucoup critiqué par des amis investigateurs pour ce soutien à Maxime. Ils le voyaient pour la plupart comme un agent de renseignement plus que comme un journaliste. Certains ont refusé de rejoindre Blast en raison de sa présence à nos côtés. Peut-être ces amis avaient ils vu plus juste que moi ? Peut-être suis-je un peu trop naïf dans ma relation aux autres ? J’ai quelques regrets aujourd’hui, mais je suis fait ainsi. Je ne suis pas parano et je fais confiance. Maxime nous amenait des informations sur la caisse noire de BFM ou la manière dont les propriétaires d’Ehpads usaient de paradis fiscaux. Chacune de ses enquêtes étaient réécrites par un journaliste, et un cadreur et un réalisateur l’aidaient à monter des reportages. Nous avions trouvé une cohérence et une complémentarité dans ce travail. Aussi, assez naturellement, quand Maxime m’a fait part de son souhait de travailler avec nous à la construction de Blast, j’ai accepté et lui ai proposé d’intégrer l’équipe des membres fondateurs. Nous étions douze. Il y a donc dix autres témoins qui pourront confirmer chacun de mes dires.

Il était prévu que nous construisions un pool de journalistes autour des enquêtes et Maxime s’est proposé de l’animer. J’avais envie de lui faire confiance, mais assez rapidement il s’est avéré que l’animation et le partage d’information n’étaient pas ses priorités. Maxime est un enquêteur solitaire. Il travaille avec son frère Alexandre. Il m’a suggéré de faire travailler son frère comme pigiste et a insisté pour que j’embauche à ses côtés une jeune journaliste capable d’écrire les enquêtes à sa place. Il s’avouait, avec une certaine humilité, pas trop capable d’écrire et de hiérarchiser un papier.

A Blast, contrairement à ce que dit Maxime, je ne suis pas seul à décider. L’équipe a accepté ses demandes. Maxime a eu très vite une autre exigence. Il nous a demandé d’être salarié dès le 1er février à Blast. Il ne souhaitait pas travailler bénévolement, comme nous le faisions tous. Nous l’avons donc embauché à cette date, dans un premier temps sur un poste de journaliste à 2100 euros net. Il restait à Besançon, réalisait ses enquêtes. Nous allions embaucher une journaliste pour travailler avec lui. Alors que son contrat de travail était rédigé dans ce sens, le 15 février, Maxime est revenu sur nos accords et nous a demandé de revoir son salaire à la hausse, réclamant un peu plus de mille euros supplémentaires. Nous avons fini par transiger et lui accorder un statut de journaliste de rang 3 avec un salaire net de 2500 euros (3060,94€ brut mensuel exactement) sur 13 mois. Nous avons différé l’embauche de son amie journaliste au mois d’avril-mai en fonction des productions et des besoins de Blast et nous avons bâti avec lui un profil de poste plus « sénior » avec la supervision d’au moins deux articles-enquêtes par mois. Ce canevas était souple et devait être rediscuté en septembre 2021.

Maxime nous a, dès la fin du mois de janvier, proposé une enquête sur un homme politique en vue qui était, selon lui, consultant appointé d’une société de conseil américaine. Selon lui, cet homme politique était payé grâce à un compte luxembourgeois et participait à la vente d’armes au profit de pays étrangers. Chaque semaine, Maxime nous promettait un papier et des éléments qui ne venaient pas. Au moment de l’affaire Openlux, je lui ai demandé d’écrire une courte tribune pour donner son point de vue sur cette affaire d’évasion fiscale. Rien n’est venu. Un rédacteur s’est chargé de travailler avec lui et a fini par m’expliquer que Maxime avait un peu survendu son sujet. J’ai effectivement lu un article diffamatoire de 4 feuillets et j’ai demandé le 20 février à Maxime de revoir sa copie. J’ai essayé de le joindre à plusieurs reprises. Les journalistes de la rédaction également. En vain. Le 23 février, nous avons reçu un mail nous annonçant sa démission.

Cette méthode et cette démission nous ont tous surpris. Malgré nos demandes d’explications, nos tentatives pour renouer des liens, Maxime n’a répondu à aucun d’entre nous, jusqu’à son communiqué posté hier, alors que nous avions ensemble décidé, dans un climat d’apaisement, de ne pas nous jeter d’invectives ni de créer une polémique. De notre côté, nous avons parfaitement, et même si cela m’en a couté, respecté notre parole.

Je sais que beaucoup s’interrogent sur les raisons qui ont poussé Maxime Renahy à se lancer dans pareille croisade. J’avoue ma stupéfaction. J’ai deux ou trois idées. Maxime a été sans doute blessé dans son orgueil quand il s’est rendu compte qu’il n’était pas à la hauteur de la tâche que nous lui avions proposée. Il a par ailleurs pour projet de développer un site Internet qu’il défend publiquement. C’est le bon timing pour lui. Il bénéficie de toute l’attention de ceux qui voit l’arrivée de Blast comme une menace. Une belle opération de communication, rondement menée, à coup de couteaux dans le dos de ceux qui lui ont fait confiance.

Rassurez-vous, Blast continue. Blast va se développer. Ce qui ne tue pas renforce. Mardi, à 19 heures, nous lancerons en direct sur notre chaîne Youtube notre dernière émission de campagne. Je répondrais à toutes vos questions et présenterais les programmes de Blast qui commenceront début avril.

Le 12 mars

Denis Robert

Serge
Fondateur et administrateur du média le Réveil Citoyen, ni droite ni gauche, un seul objectif : alimenter le débat libre dans la sphère publique autour des grands sujets mondiaux et locaux

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