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vendredi, octobre 15, 2021

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La volonté d’exister

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Comment Xavier Niel, l’homme qui a fait la carrière d’Emmanuel Macron, a fondé sa fortune sur l’exploitation des femmes, mêlant recrutement de prostituées, rapports incestuels avec l’Etat, rapports non-consentis, systèmes de proxénétisme et consanguinité avec les politiciens ?

C’est un ouvrage terrifiant que publie la courageuse Claudia Tavares, recrutée par celui qui, alors âgé de 28 ans, deviendrait le gendre de la plus grande fortune de France, le propriétaire du Monde, de l’Obs, de Télérama, l’investisseur fondateur de Médiapart, avant de lancer Emmanuel Macron et d’en devenir l’un des plus proches confidents.

Claudia Tavares m’a tout montré. Les contrats de travail, les enregistrements, les discussions avec ses anciennes compagnes. Elle et d’autres employées de Xavier Niel m’ont raconté les combines pour échapper aux juges d’instruction, pour récolter tous les vendredi des centaines de milliers de franc dans des sex shop qui servaient de couverture à des réseaux de proxénétisme, les rapports infernaux qui s’imposaient au travail.

Elles m’ont permis de comprendre, alors que j’écrivais Crépuscule, comment cet homme est devenu si puissant, et a été capable de propulser la carrière de celui dont il me dirait, en 2013, qu’il voulait devenir Président.

Emmanuel Macron, qu’il a aujourd’hui hebdomadairement au téléphone, à qui il aura présenté Mimi Marchand, qu’il n’aura cessé d’inviter en ses écoles, ses halles, afin de soutenir sa campagne. Emmanuel Macron, qui lui proposerait en retour de devenir candidat En Marche à la Mairie de Paris, qui protégerait son beau-père, Bernard Arnault, première fortune mondiale et propriétaire de LVMH, plus grand annonceur français, du Parisien, des Echos, en faisant rédiger une lettre lors de l’affaire Tiffanies, dînant hebdomadairement avec lui auparavant, entre Bercy et la rue Barbet de Jouy, grâce à l’intermédiation de Brigitte Macron, qui utiliserait tous ces liens pour faire taire les rumeurs qui courraient alors sur son mari.

C’est un ouvrage dont vous n’entendrez parler nulle part. Un ouvrage qui pourtant ajoute une pièce essentielle afin de comprendre comment se font les destins et fortunes dans Paris, pourquoi les milliardaires rachètent les médias et se relient à des politiciens.

C’est un livre à acheter et à soutenir, car Claudia Tavares prend d’immenses risques en le publiant. Elle a mis sa vie en jeu. Elle a le courage des grands.

Juan Branco

Serge
Fondateur et administrateur du média le Réveil Citoyen, ni droite ni gauche, un seul objectif : alimenter le débat libre dans la sphère publique autour des grands sujets mondiaux et locaux

1 COMMENT

  1. Gabriel Garcia Marquez se plaisait à écrire que « la vie n’est pas ce que l’on a vécu, mais ce dont on se souvient et comment on s’en souvient. » C’est par la médiation de l’écriture que Claudia nous fait accéder à son vécu. Et quel vécu ! En lisant attentivement son ouvrage je repensais à Jacques Brel chantant que « la vie ne fait pas de cadeaux ». Il ne croyait pas si bien dire le grand Jacques. Alors que tant d’entre nous auraient sombré, Claudia a survécu. Ce récit qu’elle nous livre est d’abord un récit de survie. Elle ne s’en cache pas. « Aujourd’hui c’est marche ou crève…J’ai décidé de marcher, d’aller plus loin comme l’ont fait mes ancêtres » affirme-t-elle à raison. Peu lui aura été épargné. Dans ce dur « métier de vivre » qui conduisit César Pavese au suicide, Claudia y a puisé une farouche « volonté d’exister ». Mille fois elle est tombée et mille fois elle s’est relevée mue par un désir irrépressible de vivre debout, d’avancer droite et digne dans l’existence. Loin de son Brésil natal, c’est en France et à Paris qu’elle tentera d’amarrer la barque de sa vie. « France c’est pour elle que j’ai cet amour puis cette passion…Tu m’as donné tellement de bonheur que tu es devenue encore plus importante dans mon cœur que le pays qui m’a vu naître ». Cette déclaration d’amour faite à notre pays qui est devenu le sien lui a constamment servi de viatique et l’a soutenu dans les heures les plus sombres de son existence à commencer par les longues nuits carcérales.
    Il n’y a pas qu’en Amérique latine que la réalité dépasse parfois la fiction. Claudia est une héroïne majuscule et son existence est par bien des aspects romanesque. On y croise des amours puissants et des fins tragiques comme celle du tant aimé Farid. On y croise des hommes bons qui lui tendirent la main comme Monsieur Martin, un vieux franc-maçon en fin de vie et au bras long qui lui offrit les faux papiers lui permettant de demeurer sur le territoire national. On y croise aussi des êtres déjantés et improbables comme son co-locataire Zhao qui s’escrimait à se faire faire des fellations par des députés dans leur appartement qu’il avait en partie transformé en backroom. Et, comme il ne saurait y avoir de grande histoire sans vrais méchants ces derniers pullulent et prennent souvent la forme du prédateur sexuel. Parmi ces hommes vils et veules il en est un qui émerge à visage découvert, Xav, le patron d’une boîte de minitel rose. Xav incarne la part maudite du mâle. Au royaume des grands patrons il n’y a pas que Carlos Ghosn qui doive susciter notre réprobation et notre dégoût. En parcourant l’ouvrage de Claudia on reconnaîtra l’impétrant qui a aujourd’hui pignon sur rue et table ouverte dans les allées du pouvoir. Les personnalités rencontrées par Claudia sont à l’image des facettes de sa vie, multiples et contradictoires. Elle peut tout à la fois brièvement échanger lors d’un cocktail avec Alberto Moravia, discuter pendant des heures du sens de l’existence avec Guillaume Depardieu et croiser la route de Tabatha Cash ou de Brigitte Lahaie.
    Claudia relate son existence avec crudité. Sa pudeur n’est pas dans le verbe mais dans la simplicité et la sincérité du récit. On est plus proche de Baise moi que des Contemplations. Et pourtant Claudia sait parfaitement honorer Victor Hugo, son « dieu ». Hugo affirmait que « ceux qui vivent, ce sont ceux qui luttent ». Il n’existe de disciple plus appliqué à l’enseignement du maître que l’élève Claudia. Je devrais plutôt dire Claudia Tavares de Albuquerque car tel est son vrai nom. Elle ne l’apprendra que tard quand elle parviendra à remonter jusqu’à la souche paternelle et s’y découvrira des ascendances élevées. Elle n’était pas fille de rien mais fille de l’absence. La quête réconciliatrice des origines enfin achevée elle peut, tel Candide, retourner cultiver son jardin. Celui-ci se trouve dans le quatorzième arrondissement de Paris dont elle est devenue une des figures les plus attachantes du quartier Pernety. Elle le cultive avec Sébastien son amour, son mari, son âme sœur. Leur Corcovado est notre auberge du bonheur. « Je suis enfin heureuse ». On le lui souhaite et on le croit d’autant mieux en terminant la lecture de son roman cathartique. Et, je pense modestement avoir compris pourquoi Claudia devait finir par être heureuse. Cela tient en quelques phrases qui exsude toute sa sensibilité « C’est surtout que j’avais tant rêvé de ce moment-là : sentir les odeurs d’épice, humer un oignon, me frotter une gousse d’ail sur le nez, éternuer en reniflant un peu de poivre, mordiller une botte de persil, prendre une bonne inspiration en fourrant mes narines dans du coriandre ». Claudia Tavares de Albuquerque, une vraie française…mais du Nordeste.

    Pascal Cherki
    Ancien maire du quatorzième arrondissement

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