12.7 C
Paris
vendredi, octobre 15, 2021

Faire un don

L'ouverture d'esprit n'est pas une fracture du crâne

La France détient le plus ancien prisonnier politique d’Europe

Soutenez Le Réveil Citoyen média 100% indépendant

La France détient le plus ancien prisonnier politique d’Europe : Georges Abdallah. Mais qui est-il ? Voici l’histoire de celui qui est devenu la cible d’une vengeance d’État(s).

Issu d’une famille chrétienne maronite, Georges Ibrahim Abdallah naît en 1951 à Kobayat, au nord du Liban. Instituteur, il se politise très tôt au marxisme et au nationalisme arabe, deux mouvements en pleine ascension dans le monde arabe.

Après la Nakba de 1948 et la Guerre de 1967, le Liban accueille dans des camps des millions de réfugiés palestiniens qui sont chassés par Israël. C’est dans ces camps que la vie palestinienne s’organise et c’est aussi à travers eux que Georges Abdallah découvre la Palestine .

En septembre 1970, le régime jordanien chasse la résistance palestinienne de son territoire leur reprochant leur lutte contre Israël depuis sa frontière. Des milliers de résistants trouvent refuge au Liban ce qui impact profondément la vie politique libanaise.

En 1971, Georges Abdallah rejoint le Front Populaire de Libération de la Palestine – FPLP. Une organisation marxiste palestinienne fondée en décembre 1967 par Georges Habache et Wadie Haddad.

Georges Abdallah est blessé en 1978 dans des combats contre l’invasion israélienne du Liban. Il comprend très tôt que derrière Israël, la guerre sert aussi des intérêts occidentaux et notamment américains.

En 1982, c’est l’invasion israélienne du Liban appelée « Paix en Galilée », Beyrouth sera occupée. Cette invasion fait 20.000 victimes civiles dont le massacre de Sabra et Chatila en septembre 1982. Le Sud-Liban est occupé par Israël jusqu’en juin 2000.

Face à cette occupation et aux massacres d’Israël, Georges Abdallah co-fonde les FARL – Fractions Armées Révolutionnaires Libanaises. L’objectif est de « frapper l’ennemi partout où il se trouve ».

Les FARL revendiquent plusieurs opérations dont l’exécution de Charles Ray, attaché militaire , et de Yacov Barsimentov, responsable du Mossad, en 1982 à Paris. Ils déclarent : « Depuis sept ans le peuple Libanais subit la guerre. […] C’est notre droit de nous défendre. »

Georges Abdallah est arrêté à Lyon le 24 octobre 1984 pour détention de « vrai-faux papier », c’est-à-dire un passeport fourni par le gouvernement algérien mais sous une fausse identité. C’est le début d’un traitement d’exception…

En 1986, Georges Abdallah est condamné à quatre ans de prison pour détention d’armes et d’explosifs. Entre temps, en 1985-1986, des attentats sont commis à Paris. Georges Abdallah est accusé mais c’est un mensonge d’État reconnu aujourd’hui par Yves Bonnet, ancien chef de la DST.

Les attentats sont revendiqués par le CSPPA (Comité de Solidarité avec les Prisonniers Politiques Arabes) qui exige la libération d’Anis Naccache, de Varoudjian Garbidjian et de Georges Abdallah. La presse accuse la famille Abdallah, la tête de ses frères est mise à prix.

Ce n’est que bien plus tard que les autorités françaises reconnaîtront l’implication de l’Iran dans ces attentats. L’Iran qui faisait pression contre la France qui soutenait l’Irak dans la guerre qui opposait les deux pays à l’époque.

D’ailleurs, Anis Naccache est libéré en 1990 par une grâce présidentielle et Varoudjian Garbidjian en 2001. Ils avaient été eux aussi condamnés à la perpétuité.

Mais revenons à Georges. C’est dans ce contexte qu’un nouveau procès s’ouvre en 1987 après la découverte d’une arme dans un appartement qu’il louait et qui aurait servi aux opérations des FARL. Mais il n’y a aucune preuve de l’implication directe de Georges Abdallah.

Devant une Cour d’assise spéciale, le procureur requiert 10 ans de prison pour « complicité d’assassinat ». Il est condamné à perpétuité sous la pression du climat médiatique et des États-Unis qui sont partie civile.

Peu après le procès, l’avocat de Georges Abdallah, Jean-Paul Mazurier reconnaîtra avoir travaillé pour les services secrets français, trahissant ainsi son client. Cependant, la validité du procès ne sera pas remise en cause.

En France, quand on est condamné à perpétuité on a droit à une liberté conditionnelle après une période de sûreté. Georges Abdallah est libérable depuis 1999… Il a fait 8 demandes de libération conditionnelle et l’État libanais demande sa libération et son retour dans son pays.

En novembre 2012, puis en janvier 2013 en appel, le Tribunal d’applications des peines accordent la libération conditionnelle à Abdallah. Mais cette décision est conditionnée à un arrêté d’expulsion qui doit être signé par le ministre de l’Intérieur. Manuel Valls refuse.

Cette décision politique provoque la décision de la Cour de Cassation de juger « irrecevable » la décision de libération le 4 avril 2013. Depuis Georges Abdallah est toujours en attente de l’arrêté d’expulsion.

Devenu l’un des plus anciens prisonniers politiques au monde, un mouvement de solidarité ne cesse de grandir en France, au Liban et dans des dizaines de pays. Des parlementaires tout comme des personnalités politiques et artistiques le soutiennent.

Free Georges Abdallah

Serge
Fondateur et administrateur du média le Réveil Citoyen, ni droite ni gauche, un seul objectif : alimenter le débat libre dans la sphère publique autour des grands sujets mondiaux et locaux

Laisser un commentaire

également sur

52,125FansLike
646FollowersFollow
901SubscribersSubscribe
- Advertisement -

aléatoire

En Direct cliquez ici
OFFLINE