l’éveilleur

La montée d’un capitalisme du désastre

« Le transfert de richesses du secteur public , du gouvernement, récoltées auprès des gens ordinaires via les impôts, vers les sociétés et les individus les plus riches au monde. Ceux-là même qui sont à l’origine de la crise »

la stratégie du choc repose sur notre ignorance quant à son fonctionnement, ce que je trouve encourageant dans la crise actuelle, c’est que cette tactique s’épuise. Il n’y a plus d’effet de surprise, nous devenons résistants au choc

Après une préface où elle expose les différents points de son argumentation, le premier chapitre porte sur la torture et plus particulièrement sur les expériences de lavage de cerveau effectuées par Donald Ewen Cameron et qui auraient été financées par la CIA. D’après Naomi Klein, ces recherches étaient menées pour détruire la personnalité du sujet en lui administrant des chocs divers afin d’obtenir une « page blanche » sur laquelle on pourrait écrire une nouvelle personnalité.

S’appuyant sur plusieurs recherches documentaires, Naomi Klein soutient que, de la même manière, des désastres (catastrophes naturelles, changements de régimes, attentats), qui conduisent à des chocs psychologiques, permettent aux chantres du capitalisme d’appliquer la doctrine de l’école de Chicago dont Milton Friedman est l’un des représentants les plus connus. Ils imposeraient, à l’occasion des désastres, des réformes économiques que Naomi Klein qualifie d’ultra-libérales telles que la privatisation de l’énergie ou de la Sécurité sociale

Naomi Klein cite plusieurs exemples pour étayer sa thèse. En particulier, elle évoque les dictatures de Pinochet au Chili et de Soeharto en Indonésie, ainsi que le cas de la Bolivie, où les réformes ont été conduites en déportant temporairement les responsables de gauche. L’autrice évoque de plus les libéralisations qui ont suivi la chute du bloc de l’Est en Pologne et en Russie, au début des années 1990, le gouvernement de Margaret Thatcher au Royaume-Uni, la fin de l’apartheid en Afrique du Sud. Les politiques qui ont été pratiquées aux États-Unis depuis 1990, mais plus particulièrement sous l’administration Bush, sont particulièrement visées, notamment la privatisation progressive de la sécurité aux États-Unis. Cela l’a conduite à s’intéresser à la gestion de la guerre en Irak. D’après Naomi Klein, on assiste depuis 2001 à l’émergence d’une industrie de la sécurité intérieure, les attentats du 11 septembre ayant été utilisés comme un choc « utile ». Cet argument est le point de départ à l’origine du livre, d’après l’autrice.

L’autrice évoque notamment les réformes engagées et les mesures prises après la crise asiatique de 1997, l’ouragan Katrina ou encore le tsunami de 2004.

Elle estime que dans différents endroits du monde, l’application des théories de Milton Friedman conduit à la division des villes en deux zones, comme à Bagdad, La Nouvelle-Orléans ou Beyrouth : une zone verte, riche et protégée des dangers, et une ou plusieurs zones rouges, dangereuses et misérables.

Naomi Klein soutient également que les théories de l’école de Chicago telles qu’elles auraient été appliquées dans ces pays présentent deux contradictions. Tout d’abord, selon ses promoteurs, le néo-libéralisme garantit une plus grande richesse d’une économie et un accroissement de la prospérité individuelle. Alors que, selon elle, ce n’est jamais le cas dans les exemples étudiés. Enfin, toujours selon certains de ses promoteurs, démocratie et néo-libéralisme se soutiennent mutuellement . Or, d’après Naomi Klein, l’imposition de politiques néo-libérales ne s’est jamais produite sans coup d’État, élimination de l’opposition ou imposition d’un état d’urgence ou de politique vaudou.

En conclusion, Naomi Klein préfère parler de « corporatisme » pour désigner la nouvelle forme de capitalisme qu’elle décrit. Elle estime en effet que les politiques qualifiées de « néo-libérales » ne sont pas si libérales que cela, puisqu’elles nécessitent une intervention étatique importante afin d’assurer « la concurrence libre et non faussée » contre la tendance des entreprises à former des oligopoles et le respect de la propriété privée des grandes entreprises malgré leur impopularité. Elle écrit ainsi : « Le mot qui convient le mieux pour désigner un système qui gomme les frontières entre le Gouvernement avec un G majuscule et l’Entreprise avec un E majuscule n’est ni “libéral”, ni “conservateur”, ni “capitaliste”. Ce serait plutôt “corporatiste”. »

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